Fukusainté ! À 30 km d’une centrale… on fait quoi ?

Si l’on pose la question à quelques Stéphanois, rares sont ceux capables de citer et de situer les centrales nucléaires les plus proches de notre agglomération. Pourtant, trois d’entre elles se trouvent à moins de 100 km à vol d’oiseau :

  • Cruas : 94 km
  • Bugey : 81 km
  • Saint‑Alban : 30 km

La centrale de Saint‑Alban, en particulier, est très peu mentionnée alors qu’elle se situe à seulement 17 km de Rive‑de‑Gier. En 2014, elle a produit 17,7 milliards de kWh, soit environ 30 % des besoins de la région Rhône‑Alpes .

Mise en service en 1986, elle fait l’objet depuis 2015 d’un grand carénage destiné à prolonger son exploitation jusqu’en 2026, pour un coût estimé à un milliard d’euros . Quarante ans de fonctionnement pour une installation vieillissante : la question de la sécurité se pose.

Que se passe‑t‑il en cas d’accident ?

En France, 211 000 habitants vivent à moins de 5 km d’une centrale et seraient concernés par une évacuation immédiate en cas d’accident grave .

Le Plan Particulier d’Intervention (PPI) prévoit :

  • Distribution d’iode stable dans un rayon de 10 km
  • Mise à l’abri pour les habitants situés entre 20 et 30 km
  • Organisation locale via le Plan communal de sauvegarde et le DICRIM

Mais ces périmètres officiels sont très en‑deçà des zones réellement touchées lors des catastrophes nucléaires passées.

  • À Fukushima, la contamination s’est étendue sur plus de 100 km
  • À Tchernobyl, sur plus de 300 km

Un rayon de 60 km autour d’une centrale française concernerait plus de 16 millions de personnes . Les États‑Unis avaient recommandé à leurs ressortissants au Japon de s’éloigner d’au moins 80 km .

Saint‑Étienne est‑elle exposée ?

Pour évaluer le risque réel, il faut tenir compte des conditions météorologiques, notamment du vent. Autour de Saint‑Alban, les vents dominants soufflent du nord/nord‑ouest et du sud/sud‑est .

  • Saint‑Étienne, située à l’ouest, n’est pas sous les vents dominants : le risque existe, mais il est réduit .
  • Rive‑de‑Gier et Pavezin, en revanche, sont directement exposés, Pavezin se trouvant à moins de 10 km de la centrale .

Les habitants de ces zones doivent retirer leurs comprimés d’iode stable en pharmacie, grâce au courrier nominatif envoyé par les autorités .

Faut‑il s’inquiéter ?

Oui. Le risque d’accident nucléaire n’a peut‑être jamais été aussi élevé, entre vieillissement du parc et vulnérabilité face aux menaces contemporaines, notamment terroristes .

Les périmètres actuels de 10 km sont dérisoires au regard des catastrophes passées. Les autorités ne prennent pas la mesure des risques encourus .

Il est urgent :

  • de développer des énergies renouvelables, plus sûres ;
  • de renforcer la protection des populations ;
  • d’interpeller les responsables locaux – préfet, maires – qui ont la responsabilité de garantir notre sécurité .

Pour aller plus loin

Consultez les risques de votre commune : georisques.gouv.fr

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