EUROPE/NATION. METROPOLE/MUNICIPALITE.

Ruffin dit « il faut faire sauter Bruxelles » (le titre de son livre est sous forme interrogative, excusez nous de spoiler sa réponse) parce que, dans son cadre intellectuel, l’origine libérale de la construction européenne suffit à invalider l’ensemble. Mais est-ce vraiment là le fond du problème ?

Ce qui est vrai dans ce que dit Ruffin

  • Oui, la construction européenne a été largement pensée par des libéraux, des fédéralistes économiques, des industriels.
  • Oui, les traités actuels (Maastricht, Lisbonne) verrouillent des orientations économiques précises : concurrence, libre circulation des capitaux, discipline budgétaire.
  • Oui, cela limite la marge de manœuvre démocratique.

Mais… constater cela ne dit rien de ce qu’on peut en faire aujourd’hui.

Pourquoi l’origine ne détermine pas le destin ?

Si on fait un parallèle avec les États-nations, on peut noter que:

  • La France moderne est née d’une monarchie absolue.
  • L’État républicain a été bâti sur des structures créées pour servir un roi.
  • Pourtant, personne ne propose de « faire sauter » l’État français sous prétexte qu’il a été conçu par Louis XIV.

L’histoire politique est faite de réappropriations ou plutôt du besoin de réaffirmer en permanence le sens profond de toute forme de vie en société.

« Ce n’est pas parce que le capitalisme contamine tout qu’il faut renoncer à tout projet collectif. »

A ce sujet, précisons que le capitalisme infiltre les États-nations autant que l’Europe.

  • L’Europe est perçue comme lointaine, technocratique, disproportionnée mais les métropoles aussi.
  • Les métropoles, les grands ensembles, les grandes structures attirent le capital parce qu’ils concentrent le pouvoir et les flux.
  • La subsidiarité — décider au niveau le plus proche des citoyens — est souvent un slogan, rarement une pratique en Europe comme dans les métropoles.

Finalement, ce n’est pas « Bruxelles » le problème en soi, mais la verticalité, qu’elle soit nationale, européenne, métropolitaine ou parfois hélas municipale.

Le vrai problème est le manque de subsidiarité. Nous le répétons depuis des années la démocratie commence dans les quartiers, son atome de base est l’Humain, sa première molécule le voisinage.

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