La proposition de loi déposée par la députée Caroline Yadan entend assimiler les critiques de l’État d’Israël et de sa politique à une forme d’antisémitisme. En mobilisant une lutte essentielle pour en détourner le sens, ce texte vise à criminaliser la contestation politique et à instaurer un climat d’autocensure dans les milieux académiques, médiatiques et citoyens.
Cette initiative intervient alors même que la situation du peuple palestinien n’a jamais été aussi gravement menacée. Dans ce contexte, restreindre la possibilité de débattre, d’analyser et de dénoncer des politiques étatiques constitue un recul démocratique majeur.
Un vote sous procédure accélérée
La loi Yadan sera soumise au vote de l’Assemblée nationale le 16 avril 2026. Le gouvernement ayant accordé la procédure accélérée, les délais d’examen seront considérablement réduits, limitant la possibilité d’un débat parlementaire approfondi et pluraliste.
Cette précipitation interroge : pourquoi vouloir faire adopter un texte aussi sensible dans un calendrier aussi resserré ?
Réunion publique à Saint‑Étienne
Pour informer, débattre et organiser la riposte citoyenne, une réunion publique est organisée :
Vendredi soir – 19 h Bourse du travail – Saint‑Étienne
Un moment essentiel pour comprendre les enjeux, échanger et défendre collectivement la liberté d’expression et le droit à la critique politique.
Réactions des député(e)s stéphanois que nous avons interpellé sur ce sujet :
Monsieur, Je vous remercie de votre interpellation citoyenne sur ce sujet sensible. Je vous confirme que je partage une grande partie des éléments de votre analyse, particulièrement pour ce qui est des atteintes à la liberté d’expression et à la liberté académique. Les rédactions particulièrement floues de certains articles de cette proposition de loi sont également inquiétantes. Pour votre bonne information, suite à la dernière conférence des présidents, il a été décidé que ce texte ne serait pas débattu ce jeudi 2 avril. Toutefois, je tiens à vous confirmer que je voterai contre ce texte lors de son examen dans l’hémicycle. Si vous résidez dans la 1ère circonscription de la Loire, n’hésitez pas à me l’indiquer par retour de mail, afin que nous puissions poursuivre nos échanges. Cordialement, Pierrick COURBON Député de la Loire pierrick.courbon@assemblee-nationale.fr 04 77 59 11 93 – pcourbon.fr
Bonsoir Philippe, Je viens de lire ton message avec grand plaisir. Une interpellation démontre l’intérêt de son auteur pour mon travail parlementaire. Elle fournit également l’occasion d’échanger avec celui ou celle que je représente à l’Assemblée. Ton mail me fait d’autant plus plaisir que j’en partage le contenu : étonnant ? Et nous ne sommes pas seuls. Force est de constater que la proposition de Loi n°575, déposée par la députée C.Yadan, suscite un nombre inégalé de réactions, toutes négatives. Pour ton information, je reçois chaque jour plusieurs centaines de messages au contenu similaire du tien. Je m’en réjouis car c’est la preuve que ce texte est rejeté par une grande partie de la population. Ce texte a également reçu l’opposition de plusieurs syndicats (CGT, FO, FSU, CFDT, Solidaires), de dizaines d’associations, dont celle emblématique de la LDH (association qui pour rappel a été créée au moment de l’affaire Dreyfus), d’associations juives comme TSEDEK ou l’UJFP, mais aussi de 150 personnalités universitaires dans une tribune parue dans le journal Le Monde le 26 janvier dernier, et même de personnalités d’origine juive dans une autre tribune publiée dans Libération, le 22 janvier. La pétition mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale conforte le constat de forte opposition au texte puisqu’elle recueille plus de 200 000 signatures au moment où j’écris ces lignes. Je t’invite à la signer si ce n’est déjà fait et surtout à la diffuser à tous tes contacts. En voici le lien : Non à la loi Yadan – Non à la loi Yadan – Plateforme des pétitions de l’Assemblée nationale. Membre de la Commission des Lois, j’ai déjà eu l’occasion, le 20 janvier dernier, de m’opposer à ce texte qui a été hélas adopté (abstention des parlementaires du groupe socialiste). Lors de son examen qui a suivi en hémicycle, mon groupe LFI a mené une rude bataille de prises de parole ce qui n’a pas permis le vote avant la fin de séance (minuit). L’histoire de cette proposition de loi aurait pu en rester là. Mais le gouvernement a voulu la déposer de nouveau en l’inscrivant à l’ordre du jour de la semaine qui lui est réservée. Il a même tenté d’en avancer la date par un chantage au vote de la motion de rejet sur le texte des élections de Nouvelle Calédonie-Kanaki. Tu peux compter sur ma détermination et celle de l’ensemble de mon groupe LFI pour rejeter cette proposition de loi. Si elle était adoptée, elle mettrait en danger toutes les personnes juives puisque le texte les identifie à Israël. Elle constituerait une grave menace nous privant d’un de nos droits fondamentaux : celui de la liberté d’expression. Pour info, deux parlementaires ligériens en sont signataires. Amitiés, — Andrée Taurinya Députée de la 2e circonscription de la Loire andree.taurinya@assemblee-nationale.fr

