Comment les listes des élections municipales se constituent sans prendre en compte les quartiers? 

Comment se constituent les listes pour les élections municipales ? Ou pourquoi les quartiers y deviennent mécaniquement une préoccupation secondaire, voire tertiaire

Chapitre 1 Une tête de liste affiliée à un parti commence par négocier des alliances avec d’autres responsables politiques. Chacun obtient alors un certain nombre de places, distribuées selon des équilibres internes et des rapports de force.

Chapitre 2 Une fois ces accords conclus, les détenteurs de quotas attribuent en priorité les places à leurs propres membres. La logique partisane prime, et les candidatures sont d’abord un moyen de récompenser ou de fidéliser les militants.

Chapitre 3 Ce n’est qu’ensuite que les places restantes sont proposées à des acteurs de la société civile : responsables associatifs, membres de collectifs, personnalités locales. A ce moment là, l’essentiel de la liste est déjà verrouillé.

Chapitre 4 C’est alors que l’on découvre que certains quartiers sont peu ou mal représentés. Rien d’étonnant : les critères de sélection ne reposant pas sur la diversité territoriale, mais sur des logiques d’appareil. Pourtant, il faudra bien parler de ces quartiers, car leurs habitants y tiennent — c’est leur lieu de vie.

En observant attentivement les listes, on constate que leur répartition géographique reflète surtout les catégories sociales qui contrôlent leur élaboration. Certains secteurs sont surreprésentés, d’autres quasi absents. À Saint‑Étienne, par exemple, le quartier Saint‑Victor apparaît très présent dans les listes soutenues par Cinieri.

La démonstration est simple : les quartiers ne sont pas au centre des préoccupations lors de la constitution des listes municipales. Ils n’y apparaissent qu’en dernier ressort, une fois que les logiques partisanes ont fait leur œuvre.

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