Le Communalisme insoumis marketing politique ou vrai projet ?

En ce moment, certains spécialistes des pensées municipalistes défendent la thèse que les insoumis n’ont rien de communalistes. Essayons d’y voir plus clair.

Du coté des références Murray Bookchin est mort (reste ses ouvrages), Abdullah Öcalan a 76 ans, dont 26 passés en prison ; il y a peu de chance qu’il nous donne son avis.

Pour ma petite part, après trente années consacrées à l’étude de la démocratie réelle — expression chère au mouvement des Indignés (M15) — et de ses multiples déclinaisons, parfois instrumentalisées (démocratie participative, participation citoyenne, sociocratie, holacratie, autogestion, démocratie directe…), je suis convaincu que rien ne remplace la pratique. Or cette pratique manque cruellement : dans nos études, dans notre travail, jusque dans les maisons de retraite, les occasions d’exercer une véritable démocratie sont rares. Dans ce cadre, il est difficile qu’un véritable communaliste se mette en place en France (il existe de rare expériences).

Par contre le communalisme ne peut jamais être entièrement défini à l’avance : par essence, il appartient aux participants de le façonner. Ce n’est donc pas un dogme figé. Donc libre aux insoumis de l’interpréter à leur manière.

Mais je reste toutefois persuadé qu’un élément est indispensable à son accomplissement. Cet élément, c’est une attitude humaniste : reconnaître en chaque personne un autre soi-même, un être humain égal. De cette base découle tout le reste. C’est cette confiance fondamentale en l’autre qui rend possible l’émergence d’une démocratie authentique. Sans cette foi dans l’être humain, aucun communalisme ne peut tenir ; on retombe inévitablement dans une forme de délagation et de contrôle.

En ce qui concerne le communalisme insoumis, il semble qu’il n’arrive pas à se mettre en place même à l’interne. l’expérience nous le montre.

Le message de Yannis Akouche (qui ne veut pas figurer dans la liste LFI à St etienne) est un événement majeur et plein d’enseignements. En tout cas, personellement celà m’évoque un phénomène grave que je pourrais résumer ainsi. Les éléments les plus autonomes, les plus horizontaux, sont souvent marginalisés, parfois parce qu’ils dérangent, parfois parce qu’ils refusent de se laisser intégrer dans une logique plus centralisée.

Pour quoi sont ils exclus (comme Fabrice ou moi) ou s’auto-exclus (comme Yannis ou corinne) ?

C’est parcequ’ils échappent au contrôle, et en effet, ils ont un travail qui les rend indépendant et ils s’appuient sur leur propre réseau local, ils ont leur propre réseau de communication etc…

Leur simple existence, leur autonomie rappelle que le mouvement pourrait fonctionner de manière plus horizontale. Cela dérange ceux qui veulent verrouiller la structure et garder le pouvoir pour eux.

La politique traditionelle rejette ce qu’elle ne peut pas contrôler.

C’est le cas dans tous les partis jusqu’à présent.

La liberté est valorisée dans le discours, mais rarement dans la pratique.

Mais sans liberté (autonomie et solidarité) à la base, pas de communalisme possible.

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