Il a fallu une vidéo, des articles, des témoignages… bref une exposition publique pour que l’évidence s’impose. Rue Paul Signac dans le quartier de Solaure à Sainté, les poubelles qui s’accumulaient depuis déjà deux mois ont enfin été ramassées. Pour les habitants, c’est un soulagement. Pour la collectivité, c’est une question qui demeure.
Avec Ali Rasfi, habitant de Solaure, nous avons pris le temps d’aller à la rencontre des riverains, de recueillir leurs paroles, de montrer ce que chacun pouvait constater en passant : des déchets entassés, une situation indigne, un quotidien rendu plus difficile pour des familles déjà confrontées à bien d’autres obstacles. Cette vidéo n’avait rien de spectaculaire. Elle se contentait de montrer la réalité.
Et cette réalité, une fois rendue visible, a fini par provoquer une réaction. Les services sont intervenus. Les poubelles ont été évacuées. Le quartier a pu, enfin, respirer de nouveau.

Qu’on ne s’y trompe pas : cette démarche n’a jamais été dirigée contre les éboueurs ni contre les ouvriers présents sur le chantier. Leur travail est essentiel, souvent difficile, et mérite respect et reconnaissance. Ce qui est en cause ici, ce n’est pas l’engagement des travailleurs, mais le fonctionnement d’un système qui ne réagit que lorsqu’il est mis sous les projecteurs.
Pourquoi faut-il en arriver là pour que des urgences évidentes soient traitées ? Pourquoi la parole des habitants ne suffit-elle pas, lorsqu’elle est exprimée calmement, collectivement, à plusieurs reprises ?
Aujourd’hui, si la situation s’est améliorée, la vigilance reste nécessaire. Les habitants de la rue Paul Signac demandent toujours une réunion de médiation avec les bailleurs sociaux, afin que des solutions durables soient mises en place et que l’on cesse de gérer les problèmes dans l’urgence et l’oubli.
Cet épisode rappelle une chose simple : lorsque les citoyens s’organisent, témoignent et se soutiennent, ils peuvent faire bouger les lignes.
Un merci appuyé aux “Enfants de Solaure”, dont la solidarité et la mobilisation ont permis que cette situation ne soit plus ignorée.

