Bonjour Thierry, même si beaucoup de stéphanois te connaissent déjà, peux-tu te présenter à nos lecteurs ?

Si je commence par le début, je voudrais donner mon premier engagement qui a duré 40 ans. Je suis très fidèle à mes engagements et convictions. Cela concerne la période de 1968 à 2008. Je suis né en 1961…à l’âge de 7 ans, j’ai été à tout jamais marqué par la personnalité originale et attachante du Père Jean-Baptiste Ferlay qui dirigeait les Petits Chanteurs de Saint-Ennemond depuis son retour de captivité. Il était à la fois poète, tête en l’air, artiste et musicien. Il avait adhéré dans les premiers à la fédération internationale des Pueri Cantores. Je me souviens de congrès internationaux à Maastricht, à Wurtzbourg, à Rome, par deux fois et aux camps d’été de trois semaines en juillet, où nous campions dans des conditions spartiates, à la mode scoute, tout en ayant des répétitions quotidiennes de chant. Avec le temps, et la baisse de fréquentation des familles dans les paroisses, nous avons été confrontés à des difficultés de recrutement d’enfants et les Petits Chanteurs de Saint-Ennemond ont disparu relayés aujourd’hui par les Petits Chanteurs de Saint-Etienne adossés à un établissement scolaire, donc plus à même qu’une paroisse à toucher des familles.

Le deuxième élément que je voudrais mettre en avant est ma proximité avec ma grand-mère paternelle, à son implantation « au Babet », à mon enfance bénie à ses côtés. Elle m’appelait « mon prince » et moi « ma fée », c’est dire la tendresse qui nous unissait. Elle est partie trop vite à mon goût, mais je peux dire qu’elle a vraiment marqué mon enfance. Elle était très ouverte sur les autres. Elle disait par exemple : « aujourd’hui, je reçois mes clanques ». Elle mettait un tablier de réception et la toile cirée du dimanche. Elle était très férue d’histoire et connaissait la généalogie des cours européennes sur le bout des ongles. Il y avait une véritable vie de quartier à Beaubrun et les fameuses « clanques » étaient en fait des amies que j’ai longtemps côtoyées. C’était un quartier populaire où nous nous sentions bien, chacun y avait sa place depuis les églises jusqu’aux amicales laïques et aux salles de prières. Nous y avons longtemps habité jusqu’à récemment ou nous avons migré à Bellevue. Nous gardons toujours le sentiment d’y être un peu en exil. Une dernière petite anecdote sur cette enfance, pour vous dire combien nous étions dans un autre climat : jusqu’à l’âge de 7, 8 ans, je me portais toujours volontaire auprès de mes parents pour aller chercher la ficelle ou les croissants le dimanche matin rue du Puy (Pierre Sémard)…en pantoufles avec mon pyjama et ma robe de chambre. C’était tout à fait courant à cette époque pas si lointaine à vue d’homme !

Par la suite, j’ai accompagné ma grand-mère à la Côte Durieux, un quartier minier à Roche-La-Molière où j’ai fait de belles rencontres. Mon instituteur était adorable mais très sévère d’apparence. Il était communiste convaincu et adorait discuter avec mon oncle qui était curé de la paroisse ! Un spectacle de Don Camillo, mais en plus respectueux. Je dois dire aussi, et je pense que cela a joué sur ma personnalité que mon oncle curé était aussi moniteur d’auto-école, pour être au plus près de la réalité des personnes. Certains candidats au permis doivent se souvenir de l’abbé Bacher, dans le quartier de Bizillon-Centre Deux-Valbenoîte.

J’ai suivi ensuite un parcours scolaire classique à Valbenoîte après avoir fréquenté trois écoles maternelles et deux écoles élémentaires, au fil des déménagements. Mon choix professionnel s’est vite dessiné, je voulais être soit cuisinier soit instituteur, sûrement grâce à mon maître de CM2 communiste ! J’ai finalement choisi la deuxième option mais ai quand même longtemps hésité. Etudes supérieures à Lyon, diplôme, service national avec un petit grade à deux barrettes dans les chasseurs alpins, où je me suis retrouvé comme en colonie. Il n’y avait pas alors de question de sécurité nationale. J’ai adoré cette vie en communauté, le dépassement de soi dans les activités physiques. Brevet d’alpinisme militaire, puis retour à la vie civile où l’on me propose d’entrée de jeu la direction d’une école à l’âge de 24 ans, mariage et deux filles toujours adorables…et enseignantes elles-mêmes. Ça me paraît aujourd’hui bien jeune pour une telle responsabilité mais j’ai assumé la charge avec beaucoup d’énergie pendant plus de trente ans. Le lien avec les familles, les collègues, la possibilité d’engager des chantiers, de régler des différends, de conduire des projets, m’a passionné. Dans le même temps, et très tôt, je me suis intéressé à la politique municipale. Mes premiers contacts personnels avec un maire datent de l’époque de François Dubanchet. Comme je suis toujours viscéralement attaché à Saint-Etienne, les contacts et engagements politiques (toujours au centre) ont perduré avec Michel Thiollière, Gilles Artigues…Dans le années 85, j’ai fondé, avec deux autres personnes la radio associative RCM devenue RCF aujourd’hui. J’y suis resté, en tant qu’animateur et producteur une quinzaine d’année. Les deux dernières années de direction j’étais à la fois Chef d’établissement et Chargé de Mission à la direction de l’enseignement catholique, en charge d’un cinquantaine d’écoles du territoire tout en participant à une formation de deux ans à Paris, pour un Titre 1 de  niveau européen.

Sur les réseaux sociaux, tu postes souvent des analyses très intéressantes sur des sujets divers et fais régulièrement référence au « Laudato Si » du pape François. Cette encyclique sur l’écologie paraît t’avoir profondément marqué. Peux-tu nous dire pourquoi ?

L’encyclique est parue il y a désormais cinq ans. Avec un groupe d’amis et un prêtre, nous l’avons étudiée pendant deux années. Elle trace un chemin, une voie vers une société plus juste, plus équilibrée, plus respectueuse de l’Homme qui fait partie de l’environnement qui ne lui appartient pas, mais qui lui a été donné. On peut très bien avoir une lecture non religieuse de cette lettre téléchargeable gratuitement :

http://w2.vatican.va/content/dam/francesco/pdf/encyclicals/documents/papa-francesco_20150524_enciclica-laudato-si_fr.pdf .

Elle parle des liens entre les personnes qui tient compte des fragilités et des richesses de chacun. Elle s’adresse au monde entier et pas seulement aux chrétiens. Une bienveillance envers tous les croyants et les personnes sans repère religieux. Elle parle de management vertueux et même de décroissance au profit des pays les plus pauvres. Les pauvres aussi ont le droit à un développement respectueux de notre maison commune, à condition que nous, pays occidentaux, nous nous transformions vers moins de superflu, plus d’essentiel. Il s’agit là d’un très vaste chantier qui dépassera notre génération et nos petites situations personnelles. Un texte, à mon sens fondateur pour une écologie intégrale, c’est-à-dire transversale à toutes nos activités. Je suis donc passé de centriste à centriste vert. J’étais déjà pro-européen de longue date !

Lors de son voyage en Amérique du Sud en Juillet 2015, le pape François a déclaré : « Ne sacrifions pas des vies humaines sur l’autel de l’argent ! » Son encyclique est aussi une invitation à inventer un monde plus respectueux de tous les êtres humains ainsi que de leur environnement, un monde qui va donc à l’encontre du monde capitaliste. Qu’en penses-tu ?

Oui, c’est un changement en profondeur de nos modes de fonctionnement. Il faut que la richesse se crée, mais qu’elle se crée de manière équitable sans léser personne. Par une volonté managériale d’impliquer et de valoriser les personnes. Attention ce n’est ni de la com ni de la compassion ou du paternalisme mal placé, c’est vraiment un changement radical dans l’écoute. Etre en empathie avec les personnes et mettre en place des structures pour accompagner ce changement. Je ne trouve, par exemple, pas normale l’écart des salaires entre le bas de l’échelle et celui qui en a la charge de la société. Je trouve déjà qu’un écart de 1 à 20 serait assez raisonnable. A lourdes responsabilités, lourds enjeux qui peuvent entraîner de nombreuses personnes dans la chute. On en est très loin dans de nombreuses sociétés qui vont jusqu’à 70 fois le montant du salaire de base, voire plus. L’argent pour l’argent n’a pour moi aucun sens. L’argent au service de l’Homme, oui. J’espère une prise de conscience collective. On ne peut et ne doit pas imposer une limitation des rémunérations ou des changements de mode de management, sinon on se coupe à coup sûr de la compréhension, de l’appropriation, pour déboucher sur de l’impératif qui ne peut qu’être mal vécu et rejeté. C’est par le dialogue, dans le dialogue, dans la durée, dans l’exemplarité, pas en tant que modèles, mais comme livres ouverts, que nous devons agir pour le bien commun et nous dire que l’efficience de cette mission de passage de témoin nous dépasse tous.

Lors de nos multiples échanges, je t’ai confié que si je m’étais autant impliqué dans le mouvement des gilets jaunes sur Saint Etienne et que je m’investis aujourd’hui pleinement dans l’association « Sainté Debout », c’est parce que je considère que tous les êtres humains méritent d’être considérés de la même façon. Jésus a dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même ». Le mouvement des gilets jaunes a permis, entre autre, à de nombreuses personnes complètement oubliées par le système de se montrer et de dire ce qu’elles avaient sur le cœur. Quel(s) regard(s) portes-tu sur ce mouvement ?

Je comprends les personnes qui ont voulu faire part de leurs difficultés de vivre ou d’être reconnues. Cela démontre que notre représentation politique n’est plus satisfaisante. J’ai toujours milité pour une plus grande proportionnelle à l’assemblée (on doit retrouver cela sur les réseaux sociaux lorsque je défendais les propositions de François Bayrou sur cette question) mais nous devons sûrement aller beaucoup plus loin dans la refondation de notre république. J’ai aussi appelé de mes vœux une sixième république en phase avec notre monde actuel et qui puisse répondre aux urgences. Le président providentiel, je n’y crois plus sous une cinquième république si elle ne change pas en profondeur. Il nous faudrait pouvoir faire évoluer notre système de représentation, mais qui en a la volonté aujourd’hui ? Se faire entendre, c’est une première étape, il faut ensuite passer à la formation des personnes pour qu’elles prennent petit à petit des responsabilités dans tous les domaines. Lorsque les personnes en responsabilité seront à l’image de la France, alors les choses changeront. Combien d’agriculteurs à l’assemblée, combien d’ouvriers, combien de commerçants, combien de mères célibataires ? Il est certain que nos assemblée nationales ou locales ne sont pas à l’image des français. Je suis également, pour une écoute attentive et donc une consultation régulière des citoyens sur des questions de fond. Il faut prendre chaque personne au sérieux et ne pas lui demander par référendum de se prononcer sur la couleur des rideaux !

Le contexte est toujours violent et j’ai bien peur que dans l’histoire de France la violence ne l’emporte sur la raison. Elle n’est pas et ne sera jamais mon champ d’action. J’ai pratiqué le Judo où l’on n’est pas violent mais où c’est la force de l’adversaire qui se retourne contre lui, avec souvent un simple geste. Une seule posture peut être la bonne ! J’essaie de convaincre, d’agir, de m’impliquer dans des projets que je crois aller dans le bon sens, mais comme vous tous, je ne veux pas être trahi par des « arrangements entre amis ». Une ligne claire et connue de tous. Pas de ON, pas de OFF !

Si nous voulons vivre en démocratie, c’est encore le meilleur système que nous ayons conçu, il nous faut obligatoirement une représentation locale et nationale, des structures reconnues, des personnes élues et respectées parce que respectables. Je suis contre la professionnalisation de la fonction de politique. Dans notre modèle actuel, il n’est pas possible de faire autrement. Hors des étiquettes point de salut. Je ne sais pas d’où pourra venir le changement mais, pour moi, il doit passer par la formation des personnes, par des gains de compétences dans tous les domaines, par une ouverture au monde qui nous entoure et par le règlement des disparités les plus criantes. Jamais par la violence, mais par la prise de conscience. Je sais cela paraît utopique, mais il y a tellement de choses que nous n’avions pas anticipées et qui sont advenues que je me dis que rien n’est impossible. Aujourd’hui tous le monde reconnaît le pouvoir des médias mais aussi des réseaux qui peuvent être la source du pire mais aussi du meilleur. C’est certainement de ce côté qu’est l’outil le plus puissant. Attention, pas un outil de diffamation, mais un outil de réflexion, d’approfondissement de la pensée, de formation et de traçabilité. C’est un inconvénient pour certains pas pour ceux qui, même s’ils peuvent changer d’avis, le monde change autour de nous, conservent les mêmes ancrages.

Si on considère qu’une personne n’est pas plus importante qu’une autre alors que penser de la démocratie « représentative » comme elle est organisée aujourd’hui avec un leader, une tête de liste, et ses colistiers qui suivent derrière ? Personnellement, à Sainté Debout, nous sommes pour une démocratie beaucoup plus directe avec tous les habitants. Nous souhaitons remplacer le « je » par le « nous » tout en permettant à chacun de s’exprimer pleinement et de garder son individualité en la mettant au service du collectif. Nous pouvons retrouver cette vision dans l’encyclique du pape François quand il parle de notre « maison commune ». Nous faisons parti d’une même famille et nous choisissons de nous mettre au service de toutes et de tous, non pas en jouant les chefs ou en écrasant les autres. Ce que nous voyons malheureusement souvent dans le domaine politique. Quel est ton avis sur ce sujet ?

Cette question rejoint ma réponse précédente. Je pense qu’il faut une structure et des représentants éclairés par des consultations en profondeur de leurs conseillers, je dirais même et surtout de leurs conseillers d’opposition. Des amis politiques proches auront le même point de vue que vous. Ces élus, parce qu’il faut une stabilité au système, décident ensuite. Il faut souvent trancher une question difficile d’un côté ou d’un autre parce que les arguments de part et d’autre sont presque à l’équilibre ou que l’on a un manque de lisibilité des enjeux de ce projet sur l’avenir du territoire. La sagesse fait le reste. Si la décision n’est pas sage, dans un tel fonctionnement, la suivante le sera. Je prône aussi un dispositif de révocation des élus, en cours de mandant, si par exemple 51% des électeurs le demandent par voie de pétition sécurisée et contrôlée par un huissier de justice.

On a souvent reproché à la IVème République son immobilisme et l’impossibilité pour elle à conduire et à préparer des projets essentiels à la France.  Il faut inventer un autre système majoritaire où le citoyen formé pourrait être consulté : une sorte de tiers Etat représentatif de tous, dont les experts, démographes, sociologues, chercheurs, économistes, médecins, représentants des cultes feraient partie. Ce tiers Etat pourrait être tiré au sort comme les jurés d’assises dans les listes électorales. Les experts représenteraient un collège minoritaire mais auraient un droit de vote. Aux assises, ce ne sont pas les juges qui décident mais les citoyens qui jugent en leur âme et conscience. On peut aussi imaginer un système fédéral comme en Allemagne (désolé de prendre toujours ce pays en exemple) avec une plus grande autonomie aux régions. Outre-Rhin il y a des ministères dans chaque Land et les programmes scolaires sont, par exemple, différents. Je ne sais pas si la France jacobine y est prête. Je crois le département toujours plus fort que la région. Dans mes vœux les plus chers, il y a une Europe Fédérale, même resserrée. Nous en sommes aujourd’hui très loin. Même le Modem ne semble plus en parler. Ce qui est essentiel, c’est que chaque personne se sente écoutée, non par de manière impressionniste, mais parce qu’elle est véritablement écoutée. Le numérique peut nous permettre à chacun de s’exprimer, mais ça ne doit pas être un grand fourre-tout où personne ne relit les messages. Rien ne remplace le contact direct. 70% de la communication passe par le non verbal !

Le « Laudato Si » est une encyclique sur l’écologie. A Sainté Debout, nous pensons qu’une véritable transformation écologique ne peut se faire qu’avec une révolution sociale. Le pape François écrit lui aussi : « il n’y a pas deux crises séparées, l’une environnementale et l’autre sociale. Les possibilités de solution requièrent une approche intégrale pour combattre la pauvreté, pour rendre la dignité aux exclus et simultanément pour préserver la nature. » Peux-tu me dire si tu es d’accord avec cette vision ou pas ?

Je partage tout de cette lettre du Pape. Je crois que la transformation sociale va de pair avec la transformation politique et environnementale. Nous voyons bien comment un petit virus toujours plus présent sur la planète a mis les économies des pays développés à genou. Les confinements rappellent ceux des pestes du Moyen-âge. Même si le virus s’éloigne de nos contrées pour l’instant, nous avons pris conscience que nous étions fragiles sur cette terre, que notre vie ne pouvait ne tenir qu’à un fil ou une poignée de main. Je crois que cet épisode n’aura pas que des conséquences sanitaires et économiques, mais qu’il aura aussi un impact sur l’éveil des consciences politiques. Continuons-nous à faire n’importe quoi, à consommer des produits qui mettent 40 jours à venir par bateau chez-nous ? De quoi avons-nous vraiment besoin ? Qu’est-ce qui nous a manqué pendant ce confinement, des objets, ou des relations ? Est-il impossible de faire 1km à pied, pour les personnes valides, pour profiter d’un centre-ville apaisé et se réapproprier nos espaces publics (réduits à Saint-Etienne du fait de la topographie). Préférons-nous tout avoir sous la main en ville, les marchands ambulants, les commerces, les services, la bonhomie des passants où il est rare de ne pas rencontrer quelqu’un que l’on connaît ou bien revenir de l’exil péri-urbain avec voitures et bouchons ? Certes la ville ne pourra plus accueillir tout le monde aussi il nous faut envisager le développement de chaque pôle métropolitain avec des commerces et des services pour limiter au maximum les effets pendulaires. Réintroduire aussi de la nature en ville, partout où c’est possible. Nous avons vu, et c’est assez rassurant que les animaux revenaient vite lorsqu’ils étaient tranquilles, les oiseaux qui chantent, la flore a aussi repris le dessus en quelques mois. J’ai même croisé des écureuils dans la zone industrielle de la Chauvetière. Nous ne sommes pas les maîtres du monde ! Ce temps de pause imposé a tout changé et personne ne mesure à l’heure qu’il est quelles en seront toutes les conséquences. N’attendons pas le prochain avertissement pour agir dans chacune de nos familles, de nos professions, de nos relations. Le changement passe par chacun de nous. Nous ne le maîtrisons pas, soyons-en juste conscients et faisons pour le mieux et pour le bien commun. Lorsqu’une opportunité se présente saisissons-la. Qui sait si elle portera des fruits ? Si elle nous paraît juste transparente et sans manipulation possible, allons-y. C’est pourquoi j’ai lancé des pétitions, parce que j’en avais la maîtrise de A à Z. L’une d’elle a bien fonctionné et a donné une visibilité médiatique à la ville tout en lui collant une image d’originalité et d’inattendu. J’ai reçu des soutiens de tous bords parce qu’avant nos différences, nous avons surtout des ressemblances à 90%.

As-tu envie de délivrer un autre message qui te tient à cœur par rapport au « Laudato Si » et si oui lequel ?

Laudato Si a révélé chez moi une conscience d’universalité de la cause environnementale et a fait que je m’engage dans une famille écologique qui n’était pas la mienne au départ. Je n’en ai pas de regrets, mais les petits jeux antiques d’appareil font que la priorité n’est pas à la défense de la cause, mais souvent à la défense des places dans un conseil où les conseillers d’opposition ne sont pas encore entendus. J’espère bien que la petite voix de l’écologie intégrale pourra se faire entendre par d’autres canaux. C’est notre unique chance de laisser une société en meilleur état que nous ne l’avons trouvée. Changeons avant que notre maison commune ne puisse plus contenir nos dérives.

Thierry, un grand merci à toi. Tu sais que tu pourras continuer de faire entendre ta voix à Sainté Debout donc n’hésite pas à nous solliciter lorsque tu le souhaiteras. J’espère que tes réponses serviront de bases de réflexions à beaucoup de nos lecteurs. Qu’ils n’hésitent pas à réagir si ils le veulent!

Merci à toi Fabrice