Les tentatives pour rassembler les forces citoyennes humanistes et écologistes ne manquent pas.

Les gilets jaunes ou l’association Saint Etienne demain ont d’ailleurs parfois rassemblé jusqu’à 200 personnes autour d’un questionnement de la démocratie actuelle. Les Insoumis, les communistes , les verts, Travailler Ensemble …ont aussi lancé des ateliers participatifs thématiques très intéressants. Sainté Debout, le média citoyen est en train de publier 100 propositions issues d’un processus de plus d’un an d’écoute de la parole des habitants de Sainté.

Mais comment s’unir pour que ce vaste mouvement trouve sa juste représentation au conseil municipal ?

Les initiatives sont donc nombreuses et variées comme il est normal et souhaitable dans un processus démocratique mais comment s’unir pour que ce vaste mouvement trouve sa juste représentation au conseil municipal ?

Aucun de ces acteurs ne peut rassembler cet ensemble autour de sa seule identité et un tel rassemblement ne se ferait qu’en dépit des diversités et de la base citoyenne. Des accords de coupoles réduiraient en cendre toute la dynamique du mouvement social.

Si union il y a, il est nécessaire qu’elle s’effectue depuis la base citoyenne, chacun en convient et ne manque pas de s’attribuer ce label citoyen mais toutes ces démarches ont des défauts et en premier lieu elles ont un défaut d’échelle car pour être proche des habitants une seule assemblée pour une ville de 172 000 habitants, ce n’est pas pertinent.

LES ASSEMBLÉES CITOYENNES CONSTITUANTES

Ces assemblées locales visent à la réappropriation du pouvoir de décider et d’agir des habitant.e.s.

Chacun y participe en tant qu’habitant du territoire concerné sans discrimination. Cette notion d’habiter un territoire peut aussi recouvrir ceux qui y travaillent (commerçants, artisans…) et ceux qui y agissent comme bénévoles par exemple car leur expertise peut être requise.

Dans une commune aussi vaste que St-Etienne, il paraît nécessaire qu’il existe plusieurs assemblées si l’on veut que chacun puisse raisonnablement s’exprimer.

Une seule assemblée , c’est une absurdité pour 172 000 habitants !

En effet au-delà d’un certain nombre de participants et malgré toutes les techniques d’animations démocratiques aujourd’hui disponibles, il devient difficile que le citoyen lambda ose apporter sa contribution. Or c’est le but.

L’échelle du quartier serait sans doute la plus pertinente, mais en l’état actuel où le tissu social a été fortement altéré par l’individualisme, l’homogénéisation, la globalisation…il sera difficile de lancer ces dynamiques citoyennes dans chaque quartier, du moins d’ici quelques mois. 

Cela reste une direction intéressante mais dans un premier temps nous pourrions rassembler les forces citoyennes à l’échelle de zone urbaine plus vaste , peut être 5 ou 6 zones, cantons ?  en ce qui concerne Saint Étienne, c’est un minimum, une seule assemblée et l’on ne pourra éviter la centralisation, l’homogénéisation, la généralisation , la hiérarchisation…

C’est à partir du concret , du vécu, des propositions de ces assemblées que l’on pourra après quelques semaines de débats prétendre un jour  à fédérer la démarche.

Prétendre fédérer avec une seule assemblée n’a pas de sens  bien sûr.

Que va-t-on faire dans ces assemblées ?

Les habitants, du fait de leur expertise issu de la vie quotidienne (expertise d’usage), sont les seuls à pouvoir faire l’état des lieux du territoire et surtout d’ordonner les priorités des actions à entreprendre. C’est ensuite que les expertises plus techniques peuvent être mises au service des priorités fixées par les habitants. Ces assemblées vont donc élaborer des propositions.

Les règles de fonctionnement peuvent se discuter dans chaque assemblée mais certains aspects sont communs à toutes les assemblées :

  • L’intégralité des processus décisionnels, financiers, stratégiques est accessible à tous-toutes
  • Transparence et compte-rendus systématiques
  • Mise en place de moyens d’information indépendants
  • Expérimentation et pratique constante de nouvelles méthodes de consultation, co-construction et co-décision au service de la participation du plus grand nombre.

LES PÉRIODES D’ÉLECTIONS

En période d’élections, si ces assemblées le jugent pertinent, elles vont aussi choisir des représentant.e.s qui iront aux élections. Ce choix se fera suivant les modalités décidées au sein même de cette assemblée et qui peuvent être multiples (tirage au sort direct , tirage au sort d’un jury citoyen, primaire citoyenne, élection sans candidat, ou tout autre moyen élaboré par l’assemblée elle-même)*. Plus qu’une technique la démocratie est une affaire de pratique, d’apprentissage, par définition un processus démocratique n’est pas définissable par avance, aller plus loin dans la description des méthodes seraient anticiper sur des décisions qui doivent se prendre démocratiquement en assemblée.

Nous espérons que cet apport aidera à la résolution de l’impasse actuelle qui fait que des mouvements comme Sainté Debout, les gilets jaunes, mais aussi plusieurs formations politiques (Parti et Jeunesse communiste, Ensemble, Npa…) , des associations citoyennes ou altermondialiste , des collectifs citoyens et des syndicats….mais surtout des centaines de citoyens engagés pour leur quartier  …  ne peuvent contribuer pleinement car les modèles actuels d’union sont trop monolithique.

Philippe BARIOL

 

* Les méthodes et théories  pour animer ces processus démocratiques ne manquent pas, la propos de cet article n’est pas de les expliciter, quelques mots clés pour ceux qui voudraient faire des recherches plus approfondies: mouvement assembléiste, 15M, Indignés, néo-zapatistes, Nuit Debout, altermondialisme, conseils ouvriers, community organizing, Ubuntu, municipalisme, communalisme, empowerment, occupy…