le samedi 11 mai, tandis qu’une grande partie de la famille des gilets jaunes de Sainté participait à la manifestation nationale organisée à Lyon, nous avons été une centaine à manifester à Sainté, entre la gare du clapier et la place du peuple, pour montrer notre désaccord avec l’installation des micros dans les rues de certains quartiers de Saint Etienne décidée par la municipalité.

Encore une fois, le maire et ses adjoints auraient pu demander l’avis des stéphanois(es) avant de prendre une telle décision!

Fabrice Devésa

Nous nous sommes procuré le texte d’une prise de parole du collectif anti-micro…..

Prise de parole lors de la manif contre les écoutes de rue, une centaine de personnes, samedi 11 mai vers 13 h 30 à St-Étienne.

« La Mairie de St-Étienne va installer dans le quartier
Tarentaize-Beaubrun-Couriot tout un réseau de micros qui génèreront des
alertes dans des plateformes policières, dès qu’elles détecteront
certaines anomalies.
La liste est impressionnante : coups de sifflet, cris, perceuse,
meuleuse, klaxon, bruit de choc, bombes aérosols, crépitements,
explosion, pétards, bris de vitres…  
au point où on se demande quels bruits ne déclencheront pas d’alerte.
L’œil sécuritaire complété par de grandes oreilles met la rue sur écoute
et sous contrôle policier.

La surveillance complète de l’espace public a pour but de détecter
chaque bizarrerie, chaque anormalité afin des les analyser et de
faciliter leur rapide correction. Ici, c’est le rêve d’un quartier sans
cris, sans bruits anormaux, sans tags : un quartier silencieux et
débarrassé de toutes les extravagances humaines, un quartier morne et
sans vie soumis à la normalité imposée.

Que ce soit par internet, par nos payements, nos déplacements, notre
consommation électrique, les machines nous espionnent en continu. La
cybersurveillance discriminatoire des quartiers populaires de la ville
permet de détecter les comportements non conformes à la norme de
soumission imposée par la Mairie. Cette détection d’anomalies
comportementales ou sonore identifie de façon prédictive d’éventuels
fauteurs de troubles, déclenchant une alarme et tout un processus de
répression. Avoir l’air anormal est préjugé coupable et doit être
corrigé.
Ce projet va transformer la ville en un « territoire d’expérimentation »
pour des sociétés privées, comme Serenicity, dirigée par Guillaume
Verney-Carron, qui est également président de la société Verney-Carron,
fabricant d’armes et de lanceurs de balles de défense type flash-ball.
Cette société souhaitant « élargir son champ de compétence du militaire
vers le civil », propose à la ville tout son nouvel attirail de
surveillance.  

Le flicage et la surveillance deviennent des composantes de la
rénovation urbaine, juste bonne à sur-policiariser ces quartiers et à
« sécuriser » les politiques de gentrification. Mais une fois ces micros
installés par une société privée d’armement, qui contrôlera l’usage qui
en sera fait ?
Qui préviendra les habitants si l’on passe en « Phase 2 », avec un système d’enregistrement des conversations dans la rue ?
Qui peut certifier qu’on ne les utilisera pas un jour pour détecter des cibles par leur signature vocale ?
Ce ne serait pas la première fois que ce type d’outils de détection sonore connaîtrait des dérives liberticides.

La surveillance permanente de la population par des machines autonomes est le contrôle social généralisé d’un État policier.
La rue est un lieu de vie, pas une expérimentation de surveillance répressive, c’est un espace commun de liberté.

La rue est à nous ! À nous de la libérer ! »