Pour avoir décroché le portrait de Macron dans le cadre d’une opération non violente en vue d’alerter la population sur la question du climat, Vincent Bony a été convoqué aujourd’hui à la gendarmerie de Sorbiers. Nous étions auprès de lui pour le soutenir.

Voici le communiqué qu’Alternatiba a sorti ces jours-ci:

« Par nos réquisitions de portraits présidentiels, nous tenons à marquer l’incroyable écart entre nos délits symboliques et l’inaction du gouvernement concernant le climat, mais aussi entre nos délits symboliques et l’impunité et la toute puissance des multinationales sur les Etats et sur les décisions démocratiques, via le lobbying exacerbé, les conflits d’intérêt et les accords dits de « libre échange »

Sommes nous prêtes, sommes-nous prêts ? Sommes-nous prêts à inverser la logique qui mène l’humanité au chaos ? Sommes-nous prêts à changer de système ?

Sommes-nous prêts à nous organiser collectivement, pour pouvoir nous passer des banques, des multinationales et du business international ?

Sommes-nous prêts à nous réapproprier l’économie, en créant des écosystèmes coopératifs, écologiques et solidaires sur les territoires, pour répondre à nos besoins essentiels, en dehors de toute logique de profit, en respectant la Terre qui nous fait vivre ?

Sommes-nous prêts à nous réapproprier la monnaie, sa création et sa distribution, en organisant nos propres systèmes d’échanges gérés collectivement au service de l’intérêt commun, dissociables de l’Euro, de la finance et des monnaies spéculatives ?

Sommes-nous prêts à nous réapproprier et à multiplier les services publics, donnant le pouvoir à celles et ceux qui y travaillent, parce qu’ils et elles sont les mieux placé.e.s pour savoir organiser leur travail dans les meilleures conditions pour le service de toutes et de tous ?

Sommes-nous prêts à prendre en main la gestion des terres agricoles et des terres urbaines cultivables, pour mettre en œuvre un grand plan de développement de l’agriculture paysanne et biologique, de la permaculture, de l’agroécologie, de l’agroforesterie, en fonction des besoins et des possibilités, pour assurer l’alimentation nécessaire à toutes et à tous, en tout lieu, même dans un contexte climatique en détérioration?

Sommes-nous prêts à renoncer à la gabegie technologique qui nous envahit même si elle nous séduit, qui nous est déversée par les multinationales et qui nous rend totalement dépendant du système qui nous détruit. Sommes-nous prêts à sortir de nos zones de confort, quand elles existent encore, pour construire une autre manière de vivre, sans pétrole, sans nucléaire et sans profit des uns aux dépens des autres ?

Sommes-nous prêts à vivre plus sobrement, et plus solidairement ?… Sommes-nous prêts à mutualiser ce que nous avons pour que personne ne manque de l’essentiel ?

Sommes-nous prêts à partager et accueillir celles et ceux qui quittent leurs terres devenues inhabitables ?

Sommes-nous prêts à nous réapproprier la démocratie ? Sommes-nous prêts à reprendre le pouvoir sur les institutions, à imposer une nouvelle constitution, à construire la République écologique, sociale et solidaire « de la dernière chance », pour empêcher l’effondrement qui s’annonce ?

Sommes-nous prêts à reprendre la main sur les institutions judiciaires, à mettre la hiérarchie des droits dans le bon ordre, à mettre au banc des accusés les véritables responsables du désastre écologique, social et humain déjà engagé, à les arrêter, les juger et les condamner à réparation ?

Sommes-nous prêts à interdire les dividendes aux actionnaires et les rémunérations mirobolantes aux dirigeants des multinationales qui détruisent la planète, qui exploitent les énergies fossiles, qui épuisent les ressources naturelles, qui délocalisent, qui échappent aux impôts en profitant des paradis fiscaux, qui sabordent les droits sociaux ?

Sommes-nous prêts à réquisitionner et mutualiser tous les avoirs, toutes les fortunes, tous les patrimoines des plus riches de la planète, pour les mettre au service de la lutte contre la surchauffe planétaire, au service de la restauration urgente des écosystèmes biologiques qui nous nourrissent ?

Sommes-nous prêts à écrire une autre histoire que celle qui nous est tracée et qui nous mène à l’hécatombe ?