Rappelons, tout d’abord, que les « streets medics » (soigneurs ou secouristes des rues) sont « des volontaires qui fournissent des soins médicaux, comme les premiers secours) lors de manifestations (Wikipédia) et que les « Blacks Blocs » sont des manifestants qui, volontairement, peuvent commettre des actions violentes.

En principe, il est assez facile de distinguer ces deux groupes puisque les uns ont, en général, des visages découverts (sauf quand ils se protègent des gaz lacrymogènes pour venir au secours des blessés) avec des maillots blancs sur lesquels il est écrit: « Street Medic » tandis que les autres, comme leur nom l’indique, sont habillés de noir avec des écharpes et des cagoules. Une distinction qui n’est apparemment pas claire pour tout le monde!

Samedi matin, à Monthieu à Saint Etienne, sur le parking du Géant Casino, à l’occasion de la grande manifestation des gilets jaunes, les streets medics de la région Rhône-Alpes se sont donnés rendez-vous. A 11h, une dizaine de street medics du Puy de Dôme arrivent mais, à peine, sont-ils sortis de leurs voitures, qu’une quinzaine de policiers les interpellent et, sans chercher à comprendre, les embarquent dans leurs camions, direction le commissariat!!!

Les street medics stéphanois, qui venaient pour accueillir leurs collègues, sont complètement éberlués. Ils ne sont pas encore revenus de leurs surprises que déjà les street medics de l’Isère arrivent et que d’autres policiers les arrêtent et les embarquent eux aussi, puis, quelques instants après, des secouristes qui venaient de… Marseille!

Saint Etienne est une ville chaleureuse, accueillante! Le commissariat va-t-il se transformer en service des urgences hospitalières? Les street medics stéphanois ont suivi leurs collègues au 99 cours Fauriel! Ils n’en reviennent pas, tout comme les officiers de police judiciaire qui, eux, s’étonnent que leurs confrères leur amènent des « soignants »!

Enfin, puisque la grande manifestation n’a pas encore commencé, les officiers interrogent les secouristes! Ils vérifient leurs identités et leur enlèvent leur matériel de protection! En fonction, de leurs différentes sensibilités, les policiers choisissent de garder ou pas leur reste de matériel! Au bout d’une heure, les street medics quittent enfin le commissariat, encore choqués par ce qui vient de leur arriver!

Je tiens à dire que, même si nous sommes le premier avril, ces informations sont vraies et peuvent vous être confirmées par les streets medics eux-mêmes!