« Le grand débat de la Loire, Citoyens parlementaires » c’est sous ce titre que TL7 a diffusé une émission de deux fois 1 heure que nous allons vous évitez de voir.

Ce débat fut « animé » par deux journalistes, dont un avec un buzzer (pour le coté fun). Il mit en présence 13 citoyens, parmi lesquels une représentante syndicale (CGT) mais surtout l’un des plus rétrograde représentant d’un syndicat agricole fournisseur de ministre et défenseur des OGM et du glyphosate, des citoyens un peu particuliers avec une sur-représentation des chefs d’entreprises et cinq parlementaires. Saluons au passage les autres citoyens qui ont eu bien du mal à prendre la parole au milieu de tous ces « représentants » !

Du côté des parlementaires, sont présents indifféremment des élus cumulant plusieurs fonctions, des députés, l’un de génération S, également conseiller départemental, un sénateur LR et une sénatrice également conseillère régionale et responsable du PCF et bien sûr des adeptes de la République qui nous marchent dessus (L.R.E.M.).

Petit détail qui en dit long sur la réalité du débat, les élus ont un micro cravate, les citoyens doivent eux se contenter de 3 micros qui circulent plus ou moins.

L’introduction est sur les Gilets Jaunes bien sûr , et ça commence mal pour le grand débat car ceux-ci dénoncent d’emblée la vacuité du soit-disant débat mais aussi les rémunérations des élus.

Pour une fois unanimes, les élus défendront leur revenus et le député Mis dans un élan de transparence nous avouera gagner 5 200 euros net et verser 500 euros à son parti , ce qui lui laisserait d’après lui 4600 euros. Soit il a loupé l’école élémentaire, soit on peut douter de ses chiffres ? Enfin, reconnaissons que c’est le seul à avouer son revenu, les autres se contentant de dire : « on le donnera » sans jamais le donner ! Que dire des revenus cumulés,des frais remboursés,des avantages annexes… ? Reconnaissons que la proposition d’un des députés qui nous marche dessus , de faire en sorte que les politiciens ne touchent que les revenus d’une de leurs fonctions serait sans doute appréciable par les contribuables mais une telle mesure pourra-t-elle être votée par les premiers bénéficiaires , on en doute sérieusement! Il serait sans doute plus judicieux d’éviter tout cumul et toute professionnalisation, et de rendre son sens à la démocratie.

Le message est clair, les élus ne se trouvent pas si bien payer que ça , ils ont des frais sans doute? Bon …rideau ! touchez pas au grisbi !

Sur un autre plan, le débat pouvait poser la question de la réelle représentativité de députés, élus par défauts dans des seconds tours très disputés et avec un taux abstention non négligeable ? Il aurait aussi été bon de préciser le mode de scrutin archaïque qui fait des sénateurs et sénatrices, un corps électoral qui ne représente absolument pas le peuple.

On en parlera pas et le débat politicien va rapidement prendre le dessus et les citoyens n’auront proportionnellement que peu accès à la parole. Une grosse part du débat sera aussi trustée par des chefs d’entreprises sur-représentés, qui bien sûr nous resservent le mensonge grotesque et insultant des offres d’emplois non pourvus dans un pays qui compte plusieurs millions de chômeurs.

(voir notre article https://www.saintédebout.fr/2018/09/26/chomage-patron-menteur-le-progres-complice/)
(C’est la précarisation du marché de l’emploi qui rend le recrutement plus difficile car tout simplement beaucoup plus fréquente et donc chronophage).

Même si cela peut paraître paradoxal, après que les spectateurs aient été endormis par des discours de campagne, ils sont réveillés en fin de première partie par un conteur pour enfants bien connu dans la région, Fabrice Devésa qui dit clairement que le grand débat est du pipeau puisque le président de la république a déclaré que, de toutes façons, il ne changerait pas de cap et poursuivrait sa politique jusqu’au bout.

Ce trublion, également gilet jaune, continuera en seconde partie d’agiter les consciences, en proposant aux députés de la « République en marche » d’enfiler un nez de clown et en dénonçant leurs incohérences sur le sujet de la transition écologique. On comprend alors pourquoi ces députés chercheront à couvrir sa voix, en parlant en même temps que lui, le député Jean Michel Mis allant jusqu’à le menacer « Attention » (sous-entendu « Attention à ce que vous allez dire ») mais aussi les journalistes de TL7, dont l’un qui n’est pas présent sur le plateau mais qu’on entend déclarer : « Celui-là, il faudra le couper au montage ! », tenteront de le faire taire, en particulier lorsque Fabrice Devésa abordera le thème de la démocratie en disant qu’elle doit appartenir au peuple !

Enfin, revenons à nos menteurs et décernons la palme du mensonge au représentant de l’agro-business, défenseur du glyphosate et des OGM, grand adepte de la rhétorique tordue qui, dans un premier temps, nous a laissé entendre que, pour être panifiable, un blé doit nécessairement subir des traitements, pour, dans un second temps, nous vendre l’OGM qui permettrait d’éviter ces traitements ! Une classique de manipulation car des blés de certaines variétés dites panifiables ne nécessitent aucun traitement particulier et c’est d’ailleurs grâce à cela qu’il peut exister des pains bios. Eleveur de bovins, il ne connaît pas très bien ni la permaculture ni les techniques qui visent à limiter les labours ! Mais ce représentant de l’agro-business diffuse ses mensonges avec aplomb et comme, sur le plateau, personne n’y connaît rien, aussi bien les citoyens, les journalistes que les politiciens, ses mensonges sont acceptés comme des vérités !

Au final, ce triste débat ne restera pas dans les mémoires car « Ah ! non ! c’est un peu court, mesdames messieurs ! On pouvait dire… tellement de choses sur la crise de la démocratie représentative et le passage à une démocratie réelle, sur l’organisation de l’État et des collectivités publiques, sur les personnes âgées mal-traitées dans les maisons de retraites, les contrats précaires… et tant d’autres sujets comme l’urbanisme dément de nos métropoles , les centres villes désertés ! »

« O ministres intègres! – Conseillers vertueux! Voilà votre façon – De servir, serviteurs qui pillez la maison ». Cette pique finale pour cette rubrique locale à l’alcali (en Stéphanie cela remplace le vitriol) ne vise pas uniquement les politiciens mais au-delà, tous ceux qui estiment normal d’être mieux traiter que les autres et sont indifférents à la souffrance d’autrui.
Ces tristes sires se reconnaîtront.

Enfin, un grand merci à Frédérique Colombet Richou, Mourad Slassi, Loïc Vitrant, Christian Bregeon et Fabrice Devésa, qui ont tenté, comme ils ont pu, au milieu de ce débat truqué, d’exprimer leurs colères, leurs aspirations mais aussi leurs propositions dans lesquelles peuvent se retrouver nombre de leurs concitoyens !