Bien sûr nous ne pouvons pas comparer les gilets jaunes et les mineurs ! La situation des gens a évolué depuis le XIXème siècle ! Et pourtant, lorsque nous entendons la caste médiatico-politique s’exprimer sur les « gilets jaunes » depuis plusieurs mois, nous ne pouvons que constater que nous ne sommes pas mieux considérés que l’étaient nos ancêtres ! Si les personnes qui font partie de la haute bourgeoisie nous traitent d’ « extrémistes » et de « casseurs », après qu’un petit « roitelet » nous ai qualifié de « fainéants », de « gaulois réfractaires » « d’illettrés » « de gens qui ne sont rien », les bourgeois du XIXème siécle traitaient nos grands parents de « peuple primitif », de « hordes d’ouvriers » aux « mœurs sauvages » qui, bien souvent pas ou mal organisés criaient leurs colères dans les rues et exprimaient leur mécontentement de manière menaçante ou destructrice !

A Saint Etienne, nous avons gardé, dans notre imaginaire, le souvenir de mineurs épris de justice, toujours solidaires entre eux et aux attitudes profondément fraternelles. Ils l’étaient sans doute. Travailler ensemble dans les pires conditions, sous la terre, cela forge des caractères et des amitiés solides mais, probablement, avaient-ils eux aussi leurs disputes et leurs moments de désespoir ? Si ils s’en sont sortis c’est parce qu’ils ont su ensemble surmonter leurs querelles pour essayer de construire une société plus juste où ils ne crèveraient pas de faim et vivraient dans de meilleurs conditions avec leurs familles ! C’est parce que, dans leurs révoltes, ils ont défendu leurs convictions jusqu’au bout, comme nos frères qui, ces dernières semaines, ont perdu la vie ou ont été mutilés par les forces de l’ « ordre » !

Des gilets jaunes ont souhaité, cette semaine, nous rappeler la force de convictions des mineurs révoltés et leur esprit de fraternité, au-delà des disputes, en plantant des banderoles au sommet des bassins miniers ! Une manière pour eux de nous dire que, après des semaines de luttes, nous ne devions ni céder au désespoir ni perdre notre temps dans des querelles puériles entre nous ! Ensemble, ne lâchons rien et continuons la lutte !

Fraternellement !
Fabrice