C’est avec plaisir que nous publions ce magnifique texte à la gloire de notre cité tant aimée, Sainté pour les intimes. Texte de Victor Coullomb
pour le mythique groupe des Barrio Populo, véritable hymne poétique à la véritable Saint Étienne , celle que l’on aime, ingentrifiable et populaire. Cette ville qu’essaye de rendre fade et commune des Vincent et des Perdriau … mais qui résiste et garde son âme belle et rebelle.
Paroles de la chanson (vous trouverez la vidéo sur YouTube « Saint Etienne Barrio populo » ).

SAINT ÉTIENNE

T’es pas mignonne, t’es pas très belle
T’as du crassier sous les aisselles
de la sueur coule dans tes veines
oh ma vilaine Saint-Étienne
Tu t’es construite vite fait mal fait
Maison pourrie pour ouvrier
Une terre minée, des hommes creusés
Une âme est née, révoltée
On t’a salie, maintenant on dit
Qu’c’est toi qu’est sale, qu’tu pues l’ennui
Mais quand j’te r’niffle, moi j’sens la vie
Chose pas facile pour une ville
T’es éclaboussée de couleurs
T’es aussi trempée d’odeurs
Mais au moins pas séchée de peurs
On entend battre ton coeur

Comme à Rome, tu as 7 collines
Tous les chemins mènent à la mine
Et puis t’y croises les copines
Y’a la Germaine , y’a la Yasmine
Dans l’même quartier, t’as la Haute Loire
Le Maghreb auvergnat, l’Afrique noire
Les paysans, les loubards
C’est l’quartier populaire en pas cher
T’es toute petite, ta banlieue c’est l’centre
Tes seins te caressent le ventre
et à minuit quant tu rentres
On rentre aussi dans ton antre
Moi c’est d’la campagne que je viens
Mais le vert n’est jamais si loin
Alors je t’ai tendue les mains
Toi t’es la seule qui m’va bien

Mais parait qu’ils veulent te rendre attirante
qu’ils veulent te laver les pentes
Virer tes démons, tes démentes
Virer tes pensées et tes friches
Ton désordre est trop dérangeant
Pour l’ordre qui n’aime pas le vivant
ils t’veulent morose et sous calmant
Attirante, mais que pour les riches
Ces riches qui s’plaignent qui disent que Saint-Etienne c’est chaud
Mais putain c’est ça qu’il nous faut
Du soleil jusqu’à Montreynaud
La place du peuple, c’est si beau
Tant qu’il y aura d’la joie qui brûlera
Des vieux sur les bancs qui n’bougent pas
Le boxon dans cette rue qu’aboie
le peuple s’ra chez lui, chez toi

Même avec ta sale bedaine
T’es ringarde avec ta rengaine
J’taimerais toujours mieux Saint-Etienne
Qu’si tu dev’nais une bourgeoise mondaine.