Nous sommes le soir de la demi-finale victorieuse pour l’équipe de France de Football.

Il est environ minuit et une trentaine de personnes sont attablées en terrasse d’un bar stéphanois, l’ambiance est détendue, on fête la victoire en buvant quelques verres.

La rue des Martyr de Vingré est encore plus fréquentée que d’habitude et la police nationale  (en uniforme) a bien du mal à se frayer un chemin à travers tout ce monde.

Tout cela reste bon enfant et des consommateurs plaisantent en criant « allez les bleus » en direction de la maréchaussée (habillée de bleu effectivement) .

Il y a bien ces quatre policiers qui à un moment donné se sont mis à poursuivre une personne mais dans la foule celle-ci a l’air de leur avoir échappée. Les voici qui reviennent encadrant un gamin (13 ans environ) , comme c’est plutôt curieux, des consommateurs attablés les apostrophent en leur demandant:

« pourquoi vous l’emmenez ? vous allez lui faire quoi ? et à destination du gamin « Est-ce que tu vas bien ?

Coté policier aucune réponse mais l’un d’eux pointe sa lacrymo dans un geste de menace.

Étonné mais n’ayant toujours pas reçu de réponse  un des consommateurs réitère la question « mais qu’est-ce que vous faites avec ce môme ?  » . Et là, à bout portant, le « bleu » lance un long jet de lacrymo en pleine face du consommateur le plus proche mais aussi pour toute la terrasse (dont une femme enceinte). Tous les témoignages sont concordants, il y a un usage totalement injustifié et disproportionné de la force. Toute une terrasse asphyxiée, trente personnes qui doivent se réfugier à l’intérieur du bar pour fuir les  émanations toxiques. Les policiers s’en vont en emmenant l’enfant.

Les faits s’étant déroulés il y a plus d’une semaine au moment où nous écrivons cet article , nous n’avons constaté aucune réaction d’une quelconque autorité.

Aussi nous interpellons la préfecture, la mairie, le procureur de la république et nous rappelons aux trois policiers témoins des agissements de leur collègue, l’article 40 qui stipule  » Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs . » Ceci devant aussi s’appliquer à la mise à disposition des éventuelles images de vidéo-surveillance.

Les faits étant maintenant publics, nous attendons des réponses sur les éventuelles  sanctions et mesures à l’égard de ce fonctionnaire  qui, d’après les témoignages concordants, ne semble pas en état d’exercer ses fonctions.

On pourrait être tenté de qualifier cette agression, d’incident certes très désagréable mais sans conséquence médicale (à notre connaissance), ce serait prendre à la légère le droit des citoyens. On pourrait plaisanter sur le fait que les citoyens sont également (mal)traités  et sans discrimination, même dans un quartier du centre ville et même s’ils sont consommateurs… on pourrait dire aussi que ces quatre fonctionnaires ont bien de la chance de ne pas avoir provoqué un mouvement de foule hostile…D’ailleurs il est notable que la culture stéphanoise se situe à un bon niveau de convivialité, une certaine qualité du  vivre ensemble qui se maintient malgré les crises économiques et les tentatives de certains politiciens à nous dresser les uns contre les autres. C’est ainsi qu’à St-Étienne on se sent globalement en sécurité du fait de cette ambiance générale et de la solidarité de nos voisins, le travail de la police s’en trouve énormément facilité. Nous avons déjà été alertés par des habitants des quartiers périphériques de tensions entre habitants et force de l’ordre (la BAC est souvent citée pour des actes irrespectueux des citoyens), nous rappelons que les forces de l’ordre doivent être irréprochables et au service des habitants sans cela aucune sécurité n’est possible ni pour les habitants, ni pour les forces de l’ordre elles-mêmes .

 

Philippe BARIOL

Ps: on nous signale des faits sans doute similaires s’étant déroulés à Jean Jaurès