Produire et distribuer localement une énergie verte à un prix abordable, oui c’est possible mais pas si on reste sous la domination des multinationales et des rétributions astronomiques de leurs actionnaires.

Alors on fait comment ?

UNE SOLUTION : LES E.L.D.

Les opérateurs nationaux ayant été en grande partie privatisés, les ELD (Entreprises Locales de Distribution) pourraient maintenir un service public de proximité réellement à  l’écoute des besoins de la population. Les prix notamment reste ainsi sous contrôle local.

Il existe en France environ 250 organismes distribuant de l’énergie électrique (ou du gaz) qui sont autonomes et indépendants d’ENEDIS (anciennement ERDF) ou GRDF (filiale de Engie ancien GDF_Suez) : ce sont les ELD .
Elles desservent 5 % des quantités distribuées sur 2800 communes réparties  sur 40 départements.
La population alimentée est d’environ 3 500 000 habitants autant en zone urbaine que rurale.

C’est un façon intéressante pour les communes de retrouver  une plus grande maîtrise du service public de distribution d’énergie. Et de passer outre des positions dominantes des multinationales comme Engie (En mars 2017, Engie est condamné à une amende de 100 millions d’euros pour abus de position dominante en France par l’Autorité de la concurrence, qui reproche à l’entreprise d’avoir utilisé les anciens fichiers clients de Gaz de France pour commercialiser ses offres).

La Savoie, avec ses 27 régies d’électricité, est de loin le premier département français en la matière.

localisation des ELD

Ces régies de petite taille sont plus proches des usagers. Elles sont en lien avec les autres besoins de la communauté et ne sont pas contradictoires avec la maitrise de la consommation énergétique (qu’une multinationale n’a aucun intérêt à défendre).
Tout est intégralement réinvesti localement au lieu d’engraisser des actionnaires lointains.

 

DES SOLUTIONS TECHNIQUES EXISTENT

Finalement entre les solutions familiales (solaires par exemple), associatives (petit éolien) hyper locales (hydroliennes de rivières), de quartier (chaufferie au bois collective) … les ELD sont une solution pour que notre avenir énergétique (et donc notre qualité de vie, voire notre vie tout court, allez vivre sans chauffage! ) reste entre nos mains.

Nous avons localement des ressources (solaire, éolien, hydraulique, bois mais aussi géothermique). Avant le développement des réseaux nationaux d’énergie, l’énergie se produisait au niveau local (il reste une trace de ces techniques à la Maison des Tresses et Lacets installée au bord du Dorlay ; c’est un moulin qui depuis 1502 utilise l’énergie hydraulique). Cette énergie,  utilisée directement pour sa force motrice ou transformée en électricité est intimement liée au développement industriel de notre région au XIXème et début XXème.

On pourrait aussi aborder la question du géothermique minier qui fonctionne déjà au Pays Bas.

https://ec.europa.eu/environment/ecoap/about-eco-innovation/good-practices/netherlands/328_fr

A St Étienne, il existe une étude de l’école des mines à ce sujet mais pour l’instant aucun projet concret.

http://www.lepoint.fr/sciences-nature/saint-etienne-des-eaux-souterraines-vert-fluo-26-07-2016-2057108_1924.php

 

Alors si de multiples solutions techniques existent, que manque-t-il ?

Sans doute la volonté politique de ne plus remettre entre les mains des multinationales le destin des stéphanois. Pour cela il faudrait des politiciens vraiment indépendants des lobbies, ce qui n’est absolument pas le cas actuellement.

Rendez-vous en 2020 mais avant cela, toute initiative locale est une avancée. Nous vous en reparlerons.

Le stéphanois à la pastèque

Pour en savoir plus :

  • Au niveau départemental et régional : l’Association Régionale des Entreprises Locales d’Energies et de Services (A.R.E.L.E.S.)
  • Au niveau inter-régional : la Fédération des Entreprises Locales de Distribution d’Energie Electrique et de Gaz du Sud-Est (FELDSE)
  • Au niveau national :  l’Association Nationale des Régies de services publics et des Organismes constitués par les Collectivités locales (ANROC) et la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR)
  • Parmi les collectivités utilisant ce mode d’exploitation on trouve :

    • Des villes : COLMAR, DREUX, GRENOBLE, METZ, STRASBOURG, MONACO.
    • Des syndicats intercommunaux d’électricité comme ceux des DEUX-SEVRES, de la VIENNE ou de THÔNES.
    • Des communes de montagne (27 en SAVOIE) parmi lesquelles on peut citer, MONTVALEZAN, TIGNES, SAINTE-FOY-TARENTAISE, VILLAROGER, BOZEL, St JEAN et St MICHEL de MAURIENNE,  VALOIRE …
    • Des Sociétés d’Intérêts Collectifs Agricoles (une trentaine de SICAE) desservant un millier de communes rurales, concentrées surtout en PICARDIE, et dans les départements de l’AUBE et de l’HÉRAULT.