L’enquête Elabe du 19 janvier sur l’image des entreprises semble souligner que 71 % des français en ont une bonne image. Chiffre trompeur car si ils semblent chérir les TPE (Très Petites Entreprises) et PME (petites et Moyennes Entreprises) à 90 %, pour les grandes cela tombe à seulement 44 %.

Les multinationales n’ont pas attendu ce sondage pour se prémunir de ce manque de popularité. Souvent elles avancent masquées, sous un aspect local et de PME afin de capitaliser un peu de sympathie. Qu’en est-il à St-Etienne?

Comment se travestissent les géants peu aimés de la population ?

Quoi de plus stéphanois, que la Société de transport de l’agglomération stéphanoise (STAS) ,  et pourtant cette filiale de Transdev (Véolia) est bien loin de nos intérêts locaux.  Cette multinationale , son chiffre d’affaires en 2014 est de 6,6 milliards d’euros, transporte sur toute la planète (Australie, Inde , Canada …). A Sainté, nos transports engraissent les multinationales.

Nous avons d’autres entreprises nées à St-Etienne comme la bien nommée Forezienne d’ Entreprises, autrement localement appelée « la Forezienne »… hélas celle-ci est propriété d’ Eiffage . On est loin de la PME locale avec  plus de 100 000 chantiers à travers 70 pays chaque année.

Quoi de vraiment  stéphanois alors ? Les cantines scolaires de Saint Etienne ?  groupe Elior (16 pays, 25 000 points de vente ou restaurants). La Stéphanoise des eaux peut être ? Encore raté, c’est SUEZ (15,3 milliards € de chiffre d’affaires en 2016). Faut-il préciser que SUEZ déchets est derrière l’extension de la décharge de Roche la molière, projet dément ou la majeure partie des déchets de la région viendrait s’accumuler.

Les exemples pourraient être encore nombreux, les multinationales sont partout et trustent les bénéfices tout en évitant les charges. Et alors, diront les pragmatiques, où est le problème si les bus sont à l’heure, le ticket pas trop cher, l’eau à peu près buvable….réfléchissons, les multinationales ne travaillent pas à l’œil, les actionnaires ont faim, ils exigent toujours plus… si nous ne reprenons pas en main localement nos intérêts et nos nécessités nous seront totalement soumis aux variations de prix que voudront bien nous faire subir ces grands groupes. La métropolisation serait alors une solution pour faire le poids ? On dirait plutôt que la métropolisation va dans le sens des multinationales offrant des marchés suffisamment grands pour que ces géants accumulent encore plus… Même réseaux, même logiques.

Que faire ? Nos marges de manœuvres sont faibles, notre autonomie est de plus en plus limitée, celle de nos villes aussi. Nous pouvons toujours essayer, sur l’A45 Vinci semble reculer, la lutte est parfois utile, surtout si elle se double de solidarité  et d’alternatives…pour regagner un peu de liberté de choix et d’autonomie.

 

Philippe BARIOL